L'association de la chapelle N.-D. des Sept Dormants (Autun)

Créée à l’automne 20141, l’association des amis de la Chapelle Notre-Dame des Bonnes-Œuvres et des VII Dormants d’Ephèse a pour but d’animer la chapelle située place Sainte Barbe (Autun), ancien réfectoire du Chapitre, dont les fondations remontent à l'époque carolingienne2. Jacques Keryell, ami de Louis Massignon, en est le président d'honneur.

Depuis sa fondation ces vers de Ibn Arabi l'accompagnent en chemin : « Hier encore je reniais mon ami si ma religion n’était pas proche de la sienne. Mais aujourd’hui mon coeur est devenu capable de toutes les formes, une prairie pour les gazelles, un couvent pour les moines, un temple pour les idoles, une Ka’ba pour le pèlerin, les Tables de la Torah, le Livre du Coran. Je professe la religion de l’Amour, et quelque direction que prenne sa monture, l’Amour est ma religion et ma foi. » Ibn Arabi «L’Interprète des désirs ».

La vocation de l'association est de tisser toujours davantage de liens entre l’Occident et l’Orient. De ce fait, bien que non confessionnelle, depuis 2013, celle-ci se consacre à promouvoir la création contemporaine et à faciliter les rencontres inter-culturelles et inter-générationnelles autour de conférences-débats, de poésie, théâtre, concerts... Pour Marie-Luce et Jérôme Lequime, à l'initiative de ce projet : « la vocation de cette « chapelle-laboratoire » dé-cultualisée est d'être à la fois un creuset de création et d'expérimentation où s'inventent des expressions artistiques innovantes, voire originales et inattendues, et aussi un lieu ouvert et accueillant propice aux rencontres, au dialogue et aux partages – parfois improbables. D'où ces initiatives, musicales, théâtrales, ces performances, qui passent par des lectures, des expositions, le chant, la danse... Déjà, en 2008, la chanteuse turque Senem Diyici s’était produite ici, de même qu'en février 2013, le poète russe Vassili Golovanov, autour de Eloge des voyages insensés (Verdier), en présence d'Hélène Châtelain, sa traductrice. » Parmi les artistes qui ont apporté depuis 2013 leur contribution à ce projet : Armand Gatti, Hélène Châtelain, Dom Angelico Surchamp, Jean-Pierre Renault, Annick de Souzenelle, Jihad Darwiche, Christelle Willemez, Patrick Rudant, Chintan Katti, Matthias Labbé, Salah Stétié, Michel de Gigord, le père Maurice Borrmans, Valère Novarina, etc.

Une fresque (diptyque) de Dom Angelico Surchamp, OSB, intitulée La Pesanteur et la grâce a été créée en 2014, réalisée par l'association des Passeurs de fresques.

Selon Yves-Marie Boënnec, son président, le but de l'association est « Par toute manifestation culturelle, toucher le cœur des hommes de bonne volonté, quelle que soit leur appartenance religieuse ou philosophique, promouvoir un esprit de tolérance et tisser des liens entre différentes cultures,  à l’instar de celui de la tradition des 7 dormants d’Éphèse ».

Par ailleurs, en guise de première œuvre d'art marquant le début de sa réhabilitation, une fresque (diptyque) de dom Angelico Surchamp, osb, intitulée La Pesanteur et la Grâce a été créée en juin 2014, en présence du père Angelico, moine de la Pierre qui Vire. Déjà pour 2016 est programmée L'Hospitalité d'Abraham, (7 mètres de L.) du frère Yves.

« Les Sept Dormants d’Ephèse de la tradition chrétienne ou les Ahl al-Kahf (ou Ashâb al-Kahf ; signifiant les «Gens de la caverne») de l’islam sont les protagonistes d’une même histoire - à quelques détails près - évoquant le périple de jeunes hommes contraints de se réfugier dans une caverne afin de fuir des persécutions religieuses et qui, après avoir sombré dans un profond sommeil, ne se réveillèrent que plusieurs centaines d’années après. Ils sont considérés comme des saints dans les deux religions chrétienne et musulmane et ont fait l’objet de cultes variés. La multiplication des sanctuaires leur étant dédiés en Orient et en Occident, des premiers siècles de l’ère chrétienne au XVIIIe siècle, souligne l’importance d’une tradition quelque peu oubliée en Occident mais qui est néanmoins demeurée très présente dans la conscience religieuse tant musulmane que juive et chrétienne jusqu’à nos jours. » Amélie Neuve-Eglise (Revue de Téhéran)

chapelle-logo

1 - Déclaration à la sous-préfecture d’Autun en date du 31 octobre 2014 et publication au Journal officiel (annonce n°881) le 13 novembre 2014.
2 - Sous les directives des architectes Le Jolivet et Dumorey on l’aménagea, à la fin de l’Ancien Régime, en salle de spectacle pour le prince de Condé, gouverneur de la province. Son aménagement en chapelle dans un style néo-gothique a été confié en 1873 à l’architecte Jean Roidot, dit Roidot-Houdaille par l'abbé Pompanon, curé de la cathédrale qui venait de l'acquérir. C’est à cette époque qu’elle a été placée sous le vocable de Notre-Dame des Bonnes-Œuvres. (notes Ch. Boëll – Société éduenne). Délaissée au cours des années 1960, ses actuels propriétaires ont, en 2009, adjoint à ce nom de Notre-Dame celui des Sept Dormants d'Ephèse. Après un premier classement des « restes de l’ancien réfectoire des chanoines » en 1875, la Chapelle a bénéficié d’un classement Monument historique le 18 novembre 2003.