Lecture

Publié le 22 mai 2017

Au Dieu inconnu extrait de La chair de l’homme, de Valère Novarina –
par Laurence Mayor (en présence de l’auteur)

Au Dieu inconnu

« Ce texte – extrait de La chair de l'homme, de Valère Novarina (P.O.L - 1995) – consiste en un peu plus de 350 définitions de Dieu sur 4 000 ans d’histoire. Les définitions ne se rangent pas selon la chronologie, elles obéissent à un tout autre dessein. Elles déploient 4 000 ans d’humanité, dressée comme une forêt où passe le Souffle divin. Chaque arbre murmure, frémit, chante, grince, se dilate, se tord… selon sa nature singulière et nul ne peut se taire.

Tout commence par des enfants qui s’interrogent, ils parlent avec grande limpidité, qui ne comprendrait ? Et pourtant, leur langue est le latin. Un latin transparent, tout d’abord, mais qui soudain se densifie, se précipite, s’obscurcit jusqu’à ce que jaillisse la langue française comme une trouée de clarté.

Alors commence la marche dans une forêt qui va s’approfondissant, avec ses zones d’ombres, ses éblouissements, ses cavernes, ses hurlements de loups, ses chatoiements, ses vertiges, ses ricanements, ses ouvertures infinies…

C’est le toucher du Dieu inconnu sur la corde invisible où chacun révèle son timbre unique. » Laurence Mayor.

Valère Novarina

Écrivain, poète, auteur de théâtre inclassable, essayiste, metteur en scène et peintre franco-suisse, Valère Novarina passe son enfance et son adolescence au bord du lac Léman et dans la montagne. A Paris, il étudie la littérature et la philosophie, rencontre Roger Blin, Marcel Maréchal, Jean-Noël Vuarnet, veut devenir acteur mais y renonce rapidement. Il écrit tous les jours depuis 1958 mais ne publie qu’à partir de 1978. Une activité graphique, puis picturale se développe peu à peu en marge des travaux d’écritures : dessins des personnages, puis peintures des décors lorsqu’il commence, à partir de 1986, à mettre en scène certains de ses livres. Parmi ses œuvres récentes, chez POL : Le Vrai Sang (2011) ; La Quatrième Personne du Singulier (2012) ; Observez les Logaèdres ! (2014) ; Le Vivier des Noms (2015).

Laurence Mayor

Laurence Mayor est née à Neuchâtel en Suisse ; à 19 ans elle part faire du théâtre en France, où pendant plus de quarante ans elle joue des auteurs qu’elle aime : Hölderlin, Thomas Bernhard, Synge, Pirandello, Musil, Strindberg, Jon Fosse, Tchékhov, Claudel, Genêt, Corneille…

En 1986, elle rencontre Valère Novarina et s’enthousiasme pour son œuvre ; elle joue dans ses cinq premières créations : Le Drame de la Vie, Vous qui Habitez le Temps, Je Suis, La Chair de l’Homme et L’Origine Rouge. Du même auteur, elle joue dans les mises en scène de Claude Buchvald : Le Repas et L’Opérette Imaginaire. Elle adapte et joue deux monologues extraits du Drame de la vie : Entrée perpétuelle et Le Prologue du Drame de la Vie.