Souvent, art sacré se confond avec art religieux. Pourtant, notre biennale d’art sacré contemporain se situe au-delà du cadre formel des religions établies. Et d’ailleurs, rares sont les artistes exposés à revendiquer expressément pour leur œuvre cette dimension du sacré. Car pour chacun, il s’agit principalement d’intériorité : tout part d’une ouverture du cœur, d’un contact sensible avec le vivant au plus profond de soi-même, dans une écoute calme et silencieuse ; dès lors l’artiste laisse agir au travers de lui-même une énergie consciente et émerveillée, en dehors de toute réflexion.

Si certains vivent dans une forme de frugalité, voire d’ascèse, tous partagent avec le public une expérience dans le registre émotionnel, une expérience qui relie directement, d’intimité à intimité, et qui de ce fait est universelle et intemporelle.

On comprendra que cette exposition se situe à la lisière d’un art contemporain jugé parfois trop conceptuel et éloigné du grand public parce que prisonnier de ses normes, définitions et références, et de réseaux qui l’entretiennent, parfois bruyant et vulgaire. Ainsi les artistes exposés à Autun sont-ils de leur temps et, en ce sens, parfaitement modernes.