« Commande de l’IMEC et de l’Abbaye de Royaumont, ces trois chansons qui mettent en musique des textes de Valère Novarina ont été écrites pour l’ensemble vocal De Caelis (cinq voix de femmes spécialisées dans l’interprétation de la musique médiévale). Ces trois chansons ont été crées en mai 2008 à Caen, à l’Abbaye d’Ardenne. Les choix qui ont guidé l’écriture de cette pièce sont liés à des préoccupations concernant, non seulement la relation texte-musique, la structure littéraire d’un texte et la forme musicale. Ces préoccupations portent sur une problématique très circonscrite : décrypter un lien plus originaire entre des structures linguistiques et sémiotiques d’une phrase et celles qui génèrent ce que j’entends par le terme : phrase musicale. Dans Trois Chansons pour la Loterie Pierrot et Jean la Grêle, tout comme dans Le «O» du Haut, le travail de composition se fonde sur cette relation complexe qui se noue entre «le son et le sens».

Il en résulte une écriture polyphonique, basée sur l’Arsis et Thésis de la phrase musicale soulignée par des processus harmoniques, une organisation de l’accentuation et du rythme basé, à la fois sur la tension-détente harmonique, l’évolution des échelles et la prosodie si souple d’une langue française pour laquelle j’exige l’exactitude d’une prononciation populaire, telle que j’ai pu l’entendre dans mon enfance chez les «gens de la campagne»... (la deuxième chanson en particulier La loterie Pierrot...)

La chair de l’Homme de Valère Novarina, livre puissamment original, à la fois prose, poésie et théâtre virtuel correspondait exactement à mes attentes et aux orientations de mon écriture.
Les cinq chanteuses de l’ensemble De Caelis, placées en pentagone sur la scène, s’interpellent... Elles fragmentent dans l’espace les noms propres, les mots, les formes grammaticales de la langue de Novarina.[…] Le prologue à la deuxième chanson, consiste à réveiller les morts par une longue énumération liturgique des noms. Novarina consacre plusieurs pages de La chair de l’Homme à cette énumération des noms. La dernière des trois chansons est consacrée au nom presque imprononçable de «Deus». Michaël Levinas

Trois chansons pour la Loterie Pierrot et Jean La Grèle

pour 5 voix de femmes.
sur des textes de Valère Novarina (extraits de La Chair de l’homme, P.O.L, 1995) ; création musicale par l’Ensemble De Caelis (Eugénie de Mey, Caroline Tarrit, mezzos - Estelle Nadau, soprano - Marie-Georges Monet, alto, Direction Laurence Brisset) pour cinq voix de femmes ; Le concert sera ponctué de lectures de textes de Valère Novarina : Demeure fragile (Dominique Parent), Le Prophète (Laurence Mayor).

De Caelis est un ensemble de voix de femmes a cappella fondé et dirigé par Laurence Brisset. Il interprète à la fois des œuvres médiévales d’après les sources originales et des pièces contemporaines qu’il crée au fil de ses projets. L’ensemble aime à provoquer des rencontres insolites entre les maîtres du passé et ceux d’aujourd’hui. Il inscrit les musiques anciennes dans un processus vivant.